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jeudi 2 février 2012

« Les inégalités scolaires se construisent aussi dans la classe »

Point de vue de Jean-Yves Rochex

Professeur en sciences de l’éducation à Paris-VIII, Jean-Yves Rochex vient de codiriger un ouvrage passionnant décryptant les processus qui, au sein même des classes, participent à la fabrication des inégalités scolaires. Apprentissages différenciés, exigences implicites… Les enfants de milieux populaires sont les premiers à pâtir de ces phénomènes insidieux.

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lundi 30 janvier 2012

Inégalités scolaires au Sud

Transformation et reproduction

La question de la persistance des inégalités face à l’école, récurrente dans les pays du Nord depuis le milieu des années soixante, s’est progressivement déplacée sur le terrain de l’équité, qui comporte selon l’OCDE deux dimensions : «La première est l’égalité des chances, qui implique de veiller à ce que la situation personnelle et sociale [...] ne soit pas un obstacle à la réalisation du potentiel éducatif. La seconde est l’inclusion, qui implique un niveau minimal d’instruction pour tous [...]». Dans les pays du Sud, en dépit de l’affirmation que «toute personne – enfant, adolescent ou adulte – doit pouvoir bénéficier d’une formation conçue pour répondre à ses besoins éducatifs fondamentaux», il faudra attendre 2009 et 2010 pour que des rapports de suivi de l’Éducation pour tous (EPT) soient consacrés respectivement aux inégalités et aux populations marginalisées.

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jeudi 26 janvier 2012

La construction des inégalités scolaires

Au coeur des pratiques et des dispositifs d'enseignement

Cet ouvrage est issu des travaux du réseau RESEIDA, qui vise à mieux décrire et analyser les processus de production des inégalités scolaires en matière d'apprentissage et d'accès au savoir et à la culture écrite. Croisant les regards et les questionnements didactiques et sociologiques, pénétrant au coeur des pratiques et des dispositifs d'enseignement, ses auteurs montrent en quoi la production des inégalités s'alimente à plusieurs sources: les situations et processus dans lesquels sont présupposés chez tous les élèves des dispositions et modes de faire que seuls les élèves familiers de l'univers scolaire sont à même de mettre en oeuvre; mais aussi des modes d'aide et d'adaptation aux caractéristiques (réelles ou supposées) des élèves qui, loin de contribuer à réduire les difficultés et inégalités scolaires, peuvent au contraire les entériner et les renforcer.

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mercredi 7 décembre 2011

" Qu’offre-t-on aux familles en supprimant la carte scolaire en France?"

"Un sauve-qui-peut !" 

A qui profite le libre choix de l'école ? La suppression de la carte scolaire a été présentée comme une liberté accordée aux familles. Pour ses auteurs, elle entre dans la grande famille des mesures modernes "d'empowerment" qui visent à redonner du pouvoir aux acteurs de terrain. Toujours selon eux, grâce à un choix rationnel, les parents vont par leur choix elle exercer une pression sur les écoles qui aidera les plus faibles à s'améliorer. Mais est-ce vraiment comme cela que ça se passe ? Pour Choukri Ben Ayed, professeur de sociologie à l’université de Limoges, qui publie un passionnant article dans le numéro 175 de la Revue Française de Pédagogie, cette mobilité se traduit pour les enfants des familles populaires par une fragilisation de leur niveau scolaire. Au final, la libéralisation accroit les inégalités scolaires. Choukri Ben Ayed nous explique pourquoi.

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lundi 5 décembre 2011

Pourquoi l’école française est-elle si inégalitaire ?

Une analyse de Louis Maurin

Sur les 81 élèves entrés à l’Ecole nationale d’administration (Ena) en 2009, seuls quatre avaient un parent ouvrier. En troisième cycle à l’Université, les fils et les filles d’ouvriers ne sont pas mieux lotis : ils ne représentent que 4,5 % des doctorants. Ces inégalités sociales ne commencent pas dans l’enseignement supérieur : elles sont au contraire le résultat d’un processus observable dès la petite enfance. Ainsi, en sixième, le score moyen en mathématiques des enfants de cadres est déjà supérieur de 16 points à celui des enfants d’ouvriers.

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samedi 19 novembre 2011

Des chances égales de réussite en éducation

Autour de la pédiatrie sociale

Comment faire pour accompagner les élèves issus de milieux défavorisés sur la voie de la réussite? La pédiatrie sociale est une nouvelle approche transdisciplinaire qui répond efficacement à cet objectif de société. Pédiatre social passionné et engagé auprès de sa communauté, le Dr Julien a réalisé son rêve : celui d’aider les jeunes les plus démunis à réussir leur parcours scolaire avec confiance et détermination. Il a su communiquer et partager sa vision auprès d’une remarquable équipe de professionnels. L’œuvre du Dr Julien est inspirante pour le milieu scolaire québécois. Basée sur l’apprivoisement des familles et du milieu, sur une meilleure compréhension des facteurs de risque, sur la mobilisation auprès de tous les enfants, sur une action concertée pour assurer leur réussite, sur un lien d’attachement très fort avec l’enfant, la pédiatrie sociale propose des solutions concrètes et prometteuses à l’école où la justice sociale et l’équité sont à l’honneur!


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jeudi 17 novembre 2011

L’évolution du nombre d’élèves en difficulté face à l’écrit depuis une dizaine d’années

Situation en France

Depuis une dizaine d’années, le pourcentage d’élèves en difficulté face à l’écrit a augmenté de manière significative et près d’un élève sur cinq est aujourd’hui concerné en début de 6eSi le niveau de compréhension de l’écrit des élèves moyens n’a pas évolué, la plupart des évaluations témoignent d’une aggravation des difficultés parmi les élèves les plus faibles. Alors que la maîtrise des mécanismes de base de la lecture reste stable, les compétences langagières (orthographe, vocabulaire, syntaxe) sont en baisse, ce qui explique l’aggravation du déficit de compréhension des textes écrits, parmi les élèves les plus faibles.

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mercredi 16 novembre 2011

Impact du milieu socio-économique des élèves...

... sur les résultats scolaires

Parmi les nouveaux indicateurs qu’on peut découvrir dans le dernier Regard sur l’éducation 2011 publié par l’OCDE, figure celui sur la relation entre le milieu social et les résultats d’apprentissage.  Cet indicateur est dérivé des réponses que font les élèves dans l’étude PISA sur le niveau d’études ou de formation de leurs parents, leur profession, leur environnement familial et immobilier (accès à une table ou une bibliothèque par exemple). La valeur moyenne de cet indice est prise comme valeur de référence (égale à 0) et les écarts vers le haut ou vers le bas sont ainsi mesurés pour les 39 pays de l’OCDE.

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mardi 15 novembre 2011

Inégalités scolaires au Sud

Transformation et reproduction

La question de la persistance des inégalités face à l’école, récurrente dans les pays du Nord depuis le milieu des années soixante, s’est progressivement déplacée sur le terrain de l’équité, qui comporte selon l’OCDE deux dimensions: « La première est l’égalité des chances, qui implique de veiller à ce que la situation personnelle et sociale [...] ne soit pas un obstacle à la réalisation du potentiel éducatif. La seconde est l’inclusion, qui implique un niveau minimal d’instruction pour tous [...] ». Dans les pays du Sud, en dépit de l’affirmation que « toute personne – enfant, adolescent ou adulte – doit pouvoir bénéficier d’une formation conçue pour répondre à ses besoins éducatifs fondamentaux », il faudra attendre 2009 et 2010 pour que des rapports de suivi de l’Éducation pour tous (EPT) soient consacrés respectivement aux inégalités et aux populations marginalisées.

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lundi 14 novembre 2011

Assouplissement de la carte scolaire en France

Effet sur la ségrégation scolaire

Le 2 novembre 2011, l’Observatoire national des zones urbaines sensibles a rendu public son rapport 2011. On y apprend que les effectifs des établissements situés en ZUS ont diminué de 12,2% en 5 ans. A la rentrée 2009, 381 103 élèves sont scolarisés dans le secondaire en Zus, « soit une diminution de 2,2 % en un an et de 12,2 % en cinq ans ». L’assouplissement de la carte scolaire a entraîné le « départ » des classes moyennes des quartiers en ZUS vers des établissements hors secteur, jouissant d’une meilleure réputation. Ainsi, dans les établissements en en ZUS, les classes sociales plus défavorisées restent majoritaires, à l’image de la population vivant dans ces quartiers.

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jeudi 10 novembre 2011

Les blessures de la relégation

Introduction au volume «Inégalités scolaires et processus de relégation»

L’étude macrosociologique de la problématique des inégalités scolaires, depuis les travaux de Pierre Bourdieu, a généré un vaste champ de recherche quantitative et qualitative (Van Haecht 2001). Le terme «relégation scolaire», moins systématiquement usité, moins bien reçu aussi par le politique dans toute sa «brutalité» conceptuelle, est un autre de ces termes étroitement associés à la sociologie de Pierre Bourdieu et des chercheurs du Centre de sociologie européenne, dans les années 1960-1970.

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mardi 25 octobre 2011

L'injustice scolaire

Quels sentiments chez les élèves ?

François Dubet propose un modèle d’analyse des sentiments de justice/injustice reposant sur trois dimensions : le mérite/ l’égalité / le respect. Dans cet article, nous proposons de questionner ce modèle théorique en réalisant une analyse de données d’enquête par questionnaire recueillies par le Groupe Européen de Recherche sur l’Equité des systèmes éducatifs auprès d’élèves de troisième année de l’enseignement secondaire.

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mardi 18 octobre 2011

Nouvel éclairage sur les politiques scolaires et l’inégalité des chances en France -

1e partie

Une question centrale de la sociologie de l’éducation concerne l’évolution de l’inégalité des chances vis-à-vis de l’école, et les relations entre cette évolution et l’expansion des systèmes éducatifs. Les débats sur ces questions sont anciens, l’analyse de l’inégalité des chances conduisant à des diagnostics plus ou moins contradictoires en fonction des mesures utilisées. Le cas de la France est significatif à cet égard.

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vendredi 14 octobre 2011

Des vertus et limites de la comparaison statistique internationale

Présentation de l’ouvrage de F. Dubet, M. Duru-Bellat, A. Vérétout, « Les sociétés et leur école : emprise du diplôme et cohésion sociale »

L’objet du livre, destiné aussi à un lectorat de non spécialistes, est d’importance et d’actualité puisqu’il s’agit de réfléchir à la cohésion sociale et à la reproduction des sociétés, à l’articulation entre école et société, entre la formation et les valeurs de confiance et de tolérance, entre cohésions scolaire et sociale. Il soulève ainsi des questions à la fois sociologiques et politiques.

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lundi 3 octobre 2011

Les notes contribuent à la discrimination et à la reproduction sociale

Entretien avec Fabrizio Butera

Les notes résument bien la valeur sociale que les enseignants attribuent à un élève, mais ne reflètent que de façon partielle et partiale ses apprentissages. C’est une distinction très importante. Si on considère que l’école a comme mission principale d’enseigner, et que les notes sont une mesure de ce que les élèves ont appris, alors on fait fausse route. Les notes ne mesurent que très rarement l’apprentissage, c’est à dire l’incrément de connaissances, savoirs et compétences entre avant et après une leçon, un cours ou un exercice. Les notes sont attribuées sur la base de la performance immédiate à un test, devoir ou interrogation.

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jeudi 22 septembre 2011

Comment varient les inégalités scolaires en France ?

Tendances nationales, dynamiques locales et rôle des politiques

Divers travaux éclairent la façon dont les acquis des élèves et les fréquences d’échecs varient dans le temps et dans l’espace (selon les lieux de scolarisation). Comprendre les processus en jeu implique de repérer des différenciations à l’échelle des établissements et des classes. Mais il faut examiner aussi ce qui en résulte plus globalement sur différents territoires (départementaux, académiques, et nationaux) pour les élèves issus des différents groupes sociaux : car ces résultats globaux renseignent sur les effets des politiques nationales et territoriales au-delà des variations micro-locales.

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dimanche 18 septembre 2011

Les inégalités à l'école

Situation en France

Notre système éducatif peine aujourd’hui à remplir sa fonction intégratrice. Un grand nombre de situations d’échec se révèlent pendant la scolarité obligatoire et les inégalités de réussite sont très nettement corrélées aux inégalités sociales et culturelles des familles. L’école ne parvient plus à atténuer ces inégalités de départ et tend même à les accentuer entre le début du primaire et la fin du collège. Afin de rester fidèle à son objectif d’émancipation des personnes par le savoir et la formation, l’école doit renouer avec une ambition éducative pour tous, en assurant un enseignement de qualité sur l’ensemble du territoire. Tel est le sens des propositions du Conseil économique, social et environnemental.

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mardi 6 septembre 2011

Les nouvelles ségrégations scolaires et professionnelles

Situation en France

La ségrégation s’opère dès lors que certaines caractéristiques ou leur combinaison divisent les populations au sein du système éducatif et/ou du marché du travail en groupes relativement identifiables. Elle apparaît lorsque l’appartenance à l’un de ces groupes conduit à une situation difficilement réversible de fait. En d’autres termes, la ségrégation reflète une segmentation relativement pérenne de la population active ou scolaire qui ne s’explique pas uniquement par des différences en termes de dotations initiales (par exemple, les aptitudes à l’entrée dans le système éducatif, ou le diplôme à l’entrée sur le marché du travail). Les déterminants qui conduisent à tel ou tel groupe sont individuels, institutionnels, sociaux, territoriaux, etc.

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mardi 30 août 2011

Face à la concurrence, une école inclusive

En particulier dans les zones populaires

La concurrence n’a pas attendu la décision d’assouplir l’affectation des élèves en collège (2007) pour faire sentir ses effets. Elle se faisait sentir auparavant, sous forme d’évitement des collèges mal réputés, par des familles capables de faire valoir leur capital social ou scolaire. Elle avait notamment pour effet d’accroître spécifiquement la concentration ethnique (et pas seulement sociale) de certains établissements, fuis en particulier (non exclusivement) par les couches les moins mal dotées des quartiers populaires. Ces fonctionnements inégalitaires ont été aggravés par la décision de 2007 d’assouplir la carte scolaire en collège.

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mercredi 29 juin 2011

Emprise des diplômes

Jugements de justice et cohésion sociale

Dans quelle mesure l’éducation scolaire conforte-t-elle la cohésion sociale ? Après avoir défini la cohésion sociale de manière opérationnelle et en mobilisant des comparaisons internationales sur un échantillon de pays économiquement développés, cet article explore en quoi certaines caractéristiques des systèmes scolaires s’avèrent associées aux scores de cohésion sociale. Il apparaît que les relations sont plus fortes entre la cohésion et certaines variables sociales qu’entre celles-ci et les variables scolaires proprement dites et que, parmi ces dernières, c’est surtout l’emprise des diplômes sur la carrière sociale et professionnelle des individus qui s’avère importante.

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